En cinq minutes des feuilles tombent, des voitures passent, un bébé pleure, je suis étonnée, des gens sortent du travail, des mésanges chantent, des yeux se regardent et une bouche dit ‘ papa'.

En cinq minutes il était parti, avait pris son manteau, avait téléphoné à Renaud, avait descendu l'escalier, c'était rappelé que c'était mardi, il s'était dit ‘ je suis en retard', il s'était mis à prier, avait pris ses affiches, il n'était ni un lutin, ni un malin, ni un gamin, et ça sentait bon le jasmin au petit matin.

En cinq minutes il avait avalé un verre d'eau, avait fumé une cigarette, avait vu l'oiseau s'envoler, l'enseigne clignoter, l air se dissiper,

elle l'avait attendu cinq minutes, cinq longues minutes d un grand jour, un jour de 365 minutes, de quelle année c était ça ?

En 5 minutes un papillon s était envolé, un avion avait décollé, ils avaient conversés en anglais, j'n'y comprenais rien, j' n'avais pas de dictionnaire, le paquebot au loin, la sirène disait au revoir, avec la couleur de la mer, la mouette perchée sur le mat ; la note de la soirée.

En 5 minutes ,2 hommes traversent la rue, jeans déchirés, chaussures éculées, cheveux mal peignés, une bouteille à la main,

en face, un homme avec sa canne, chapeau sur la tête, les suit du regard. Pour lui c'est un spectacle, d'autres iront voir des films,

d'autres liront des livres.

En 5 minutes 20 femmes sont passées devant moi en jeans et chaussures à talon aiguille, habillées en noir, marron, gris, ou bleu foncé, couleurs dominantes de la rue d aujourd'hui, d'hier et peut être de demain.

Ça ne me rend pas triste car je bois un café à une terrasse d'un café.

Chantal Enocq

Lumière du soir tombe sur les rues Silhouettes Gantées de noir Errant dans les rues de la ville Cris et gémissements Douleur et plaisir Sèment la paix Et la désolation. Des rires et des pleurs Hurlements hystériques Le vacarme de l'inconscient Retentit dans les crânes des habitants endormis Et un cri, un seul Comme un hymne à la mort Cri inarticulé Me perce les tympans Toujours Plus fort Bruit de la souffrance Du naufrage Intérieur Je ne suis qu'un radeau Perdu Dans mon océan interne Et qui peu à peu sombre Ballotté par la houle. Ce cri est celui des sirènes Assistant, désespérées, à la noyade du naufragé Et hurlant de joie à ce spectacle. Ce cri est celui des monstres Qui ravagent les cités Tard le soir De leurs mains gantées de noir.

Liz Doria

où les choux-fleurs naissent ou alors ils se dissipent où est-ce qu'ils se situent où tu pourras les voir où nous y sommes jusqu' où tout ouïe nous les voyons où nous parlons vers où ils peuvent y parvenir ou quoiqu'il en soit où dans l'immense nappe ou sur la surface où en sens horaire où on a pas le temps où on se fiche bien des... où qu'ils soient qu'importe où ils s'échouent

 

Corentin c.

 

Les regards d’un balcon Avec dans le crâne les vagues de ce flot Son léger goût sucré à boire toute l’eau La glace des Balkans L’intérieur des salons Le vol d’un pélican Qui observe d’un oeil les voiles d’un bateau Le mat de tout son long Fend lentement le vent Lorsque certains dauphins dans leurs courses de fond Se grisent dans l’élan des rêves soulevant Les sourcils et les bouches De quelques marins louches S’écroulant tout le temps Prient de l’alcool farouche, à terre, un peu tremblants Des racines aux souches D’un délire s’effaçant sous le jet de leurs douches Ces pensées d’une cabine Hermétique d’apparence Où ce liquide rance S’endort et dégouline Si loin de ses collines, si proche des partances Le voyage infini se lèche les babines Le verbe se débine Pour l’humour en fréquence Déroulant ses bobines dans une folle cadence Mouvance qui transforme l’itinéraire amer En sinusoïdales qui découpent la mer Ces regards d’un balcon Emergent enfin, alors Les traces du décor Nous les regardons S’éloigner en surface Sur les passés intactes Côté pile côté face Peu importe l’impacte Un pacte avec soi- même ne tient sur une pièce Mon cœur brûle au matin et enflamme la pièce.

olivier

 

 

C’est sur, sur de, de monter, par là- bas- marché – aux fleurs en bouquets, aux fruits colorés- marché- haut en couleurs, le sac gonflé de – remontant la rue – marché – un pas sur, retrouver la table, les chaises longues, la fraicheur de l’ombre- marcher- langueur du soir, assoupissement des sens, le soleil se couchant, le temps s’étirant- marcher- remonter le temps pour se reconnaitre dans l’agréable d’une soirée, y être suspendue – marcher- bucolique même en ville- marcher – s’y re -venir, s’y parvenir, ne plus rester sur le parvis, chercher l’horizon s’étaler où se dissoudent les sensations. Un soupir, une insouciance d’une marche sans monté ni descente Rester sur un escalier roulant, le paysage défilant sur notre coté, l’aisance de le voir se couler dans nos sens attentifs- marche-

 

Chantal Enocq

 

Midas

Les battements (poussifs à l'entrée du transistor (écueil qui cherche des navires au battement (brute mortelle des temps sitoires, transistor (à la face locale et aux créations délavées par battements (interposés à la cervelle mécanique du transistor (flottant en rade des découvertes où battent les battements (bêtement, je pense tout savoir en cette onde transistor (or qui brille frappe les 400 coups aux valeurs battues et re-battues du battement (tape plus fort que sonne l'or d'autres terres où tournent les transistors (ors et pourpres de vies bourges effleurées de loin au cœur du battement (flottent les écailles au vent, transite, store au fond de transistors (voix métaphoniques perdues ailleurs, sans cœur ni battements (terrible à l'heure où tout est transistor (que s'ébattent aux pôles des fragances colorées à coup de battements (emmêlés de lianes glacées à couper aux couteaux sonores qui dévient le lac du transistor (Midas, clairvoyant, retourne en ta vraie retraite, loin des statues et des battements (

 

Bastien Charrié

 

                                                           H       HINKELBAAN (extrait)
Texte Erik Boesch
Un autre non, alors on en reste là, je n'ai plus qu'à mettre les bouts, à trouver le bar, avant que cela ferme, ne t'inquiètes pas, je connais une place, toujours la même, où cela bouge, allez on ne va pas, moi je suis comme la cloche, mais avec les moyens, parce que sans cela, je serais où, près de la gare il y en a, de ceux que l'on sent qui sont là, il y en a un qui attend, quoi je n'en sais rien, et pour tout dire, je m'en tape, avec lui je me sens moins seul, c'est tout, et maintenant il faut y aller, là au bout de la galerie on voit le ciel, je les vois de là-bas, cela va cela vient, on s'occupe comme on peut, et puis plus rien, il y en a qui ne sont plus là, lui il est où lui, on tourne la page, on oublie, mais cela peut revenir, quand on s'arrête de courir, que l'on regarde, mais ce n'est plus comme avant, mais c'est beau quand même, quand tu as du soleil plein les yeux, un cornet de frites, et de la bière jusqu'à plus soif, moi je suis comme ceux que l'on voit là-bas, qui sont par terre, pour moi c'est pareil, je suis mieux dehors, alors je traîne en ville et là-bas, là où c'est la zone, là où c'est le port, là où tu es nulle part...

                                                                                                                                                          ...A l'aube, froid,
                                                                                                                             feuilles, métalliques  froissées,
                                                                                                   entre les couples
                                                                               brillant-rosée
                                                             toit de zinc
                                                    incliné
                                     ouverture,
                             Sud,
            luminosité,
                                                                                                                                                                         façade
                                                                                                                                                     vitrée,
                                                                                                                                     façon,
                                                                                                                    fanons,
                                                                                                  l'Hortus
                                                                             le toit de zinc,
                                                                  Latécoère
                                                        aurores
                                            tarmac
                             traversée
                  courrier,

 bâtiment B, sept portes colorées
ateliers, toit de zinc inclinés
Montaudran,, usine,
dominos
galbés
pour mieux prendre l'air,
l'aile du zinc
Croix du Sud,
pour Alicante, Saint Louis...Buenos Aires
Bâtiment C

4 étages, monobloc, bric
coursives plein Sud...et baie vitrée,
reflétant
pins,
liseré,
brillant de la mer
au loin.
Salles
classes
Bâtiment A
Bâtiment A, prof, contact, classes, élèves.
Ceux-là même,
Brut
BRUT
Brut de décoffrage
Béton, marqué de nœuds
Brut
Brut du modernisme,
Courant, zinc, courant moderne, bougent les élèves, zinc, turbulences, courants d'air, virevoltes zincs escaliers, coursives au vent marin, ados dos à dos, accoudés, zinc, classes, blessures,
rêves--- ------ ----- ---- ---------- ------ ----------- ----- - - --- - ---- ------ ---------- ------- -- - - - - -
conseils, classes, profs, rires, caps, reflets zinc, nuages, zinc, grains, zinc
transmettre, ligne, zinc
pratiques, savoirs, messages
comme Buenos Aires,
ici à Béziers,
les jeunes,
un  lycée

Corentin

                                                                                                                                                          ...A l'aube, froid,
feuilles, métalliques  froissées,
entre les couples
brillant-rosée
toit de zinc
incliné
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Sud,
luminosité,

                                                                                                                                                                         façade
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Latécoère
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tarmac
traversée
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Bâtiment A
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BRUT
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Corentin